Galerie Picturâ

29/01/2019
art capital 2019
-> Le Salon Comparaisons est né en 1956 alors qu’une opposition, parfois virulente, entre la figuration et l’abstraction, produisait des crispations stériles. [...]

05/02/2017
SALON COMPARAISONS 2017
-> ART CAPITAL à Paris,au Grand Palais. [...]

Neuville

Peintre autodidacte, né en 1945. Vit et travaille à Evreux (FRANCE). Il compose ses premières toiles en 1960 et expose régulièrement depuis 1971.

Principales expositions : Rencontres (Evreux), Artistes Français, Révélation, Galerie 87 (Rouen), Galerie Sully (Rosny), Galerie Joséphine (Evreux), Salon du Grand Quevilly, Salon de Rouen, Centre Culturel de Saint Germain des Angles, Galerie Ars Longa (Rouen), Salon de Longueville, Salon de Vernon, Salon d’Automne, Centre W.Harvey (50), Art Entreprise (Evreux), Galerie Entrevisions (Evreux), Galerie Turlure (Le Havre), Salon Grands et Jeunes d’aujourd’hui, ect...

Portrait : France 3 Normandie, Les affiches culturelles de Normandie, présent dans les ouvrages Normandie Terre et Arts (90 Peintres / 5 départements) et Normandie Terre de Liberté.


Articles

C’est au regard de l’autre de cheminer çà et là, d’en tirer l’essentiel, le vécu. Que deviendrait la peinture non figurative sans l’apport d’une poétique, d’une interprétation de l’oeil ? Devant chacune de ses toiles, Neuville mesure tout le risque qu’il engage à se fondre en elle, à découvrir la face cachée de son émotion. Le premier trait jeté, s’il n’est pas décisif, n’en ressort pas moins révélateur d’une démarche. "

"Devant elles, les toiles, l’oeil se doit d’être prismatique pour noter les blancs, les non-dits, et c’est précisément à partir de ce jeu presque inconscient que l’imaginaire intervient. Neuville est d’accord pour reconnaître que le discours tendant à formaliser une toile est dénué d’intérêt."

Neuville demeure tout entier dans son expression, seul et protégé, infiniment à l’écoute de tout ce qui palpite au-delà du visible et de l’entendu.

François CREIGNOU 
magazine l’affiche


Neuville, peintre des origines.

Au commencement était la Génèse, celle des formes de la vie. Et de la Terre surchauffée s’échappaient des fumées, se dressaient vers le ciel des pics acérés dans un bouillonnement de matière. Ainsi de la toile blanche de Neuville qui se structure petit à petit des formes de l’entendement par des rapports de sensations incontrôlées. Ainsi des origines de la pensée de l’artiste qui se réfère à une certaine "esthétique transcendantale" chère à Kant. Et c’est ce geste primitif, en aucun cas instinctif puisque guidé par la raison, qui, mû par une sorte de phénomène psychique, nous conduit en douceur vers l’intérieur, dans la transmutation imprévisible des apparences.

Le plus extraordinaire de toutes ces modulations qui vrillent, s’échappent et s’épanchent en exhalaisons excitées, c’est qu’elles ne s’arrêtent pas. Goutte à goutte, dans un rythme lancinant, elles s’élèvent, davantage qu’elles ne se posent, à la façon des stalagmites. Et leurs concrétions légères, aériennes, ont le pouvoir d’élever le regard au-delà du cadre qui les enserre, au-delà des infinis. Il y a de la magie dans le pouvoir de ces étirages sans limite, de ces volutes en bulles éclatées, de ces aspirations irrégulières comme des respirations dyspnéiques. Celle d’une unité cosmique aux effets ionisants, vitalisants, une unité originelle.Car la peinture de Neuville est véritablement une peinture des origines, enveloppée dans une aura de douceur avec des bleus délicats et des gris moëlleux de ciel normand. Jamais triste, jamais violente. Il n’empêche que le courant est irrésistible et nous entraîne, dans un remous ensorceleur, vers un ailleurs que nous ne soupconnions pas.

Nous voilà donc au coeur même de la vie intime de la matière, toujours un peu plus près du centre de la création comme le souhaitait Klee. Dans la fumée, dans la couleur, dans la pierre que l’on croit insensible et jusque dans le germe de la vie... Et cela sans s’en rendre compte, d’une manière insensible, grâce à Neuville, philosophe, peintre et prophète. Et surtout grâce à un artiste visionnaire d’une grande acuité, capable de ressentir le Bang des origines comme d’apercevoir les lumières de l’avenir. Un artiste qui a encore beaucoup à dire et qui, certainement, ira loin.

Alexandre VERNON